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LBSKMC-CRIAEAU IGSCE3R3 : L'imposture Heidegger, révolution conservatrice et problème colonial sous l'occupation : articles et livres bibliographie E Faye / Criaeau

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Emmanuel Faye : Un nouvel essai critique du sociologue et philosophe Jean-Marie Brohm, où il fait utilement le point sur l'imposture Heidegger et son appauvrissement radical de la philosophie.

EF : 

La « révolution conservatrice », une stratégie disculpante? Mohler, de Benoist, Douguine ,
Emmanuel Faye - Les Temps qui restent 2025/3 (n° 7).
Tiré à part électronique : https://shs.cairn.info/tap-zpckxjpqxv9rp
Le texte intégral de l'article est consultable et téléchargeable gratuitement jusqu'au 10/05/2026 inclus.
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" On ne saurait s’étonner que ce travail critique sur les Langages totalitaires ait été mal reçu par les schmittiens, à commencer par Mohler, car il désamorce l’entreprise apologétique soigneusement mise au point sur la base de la thèse de 1949, en soulignant le rôle précurseur de Schmitt dans la légitimation du totalitarisme nationalsocialiste." : c'est exactement ce que je comprends de l'importance de l'oeuvre de JP Faye de nos jours : une recherche première et originale fondatrice des études sur l'histoire de la Shoah qui s'oppose en tous points aux restes d'heideggerisation schmittiennes que Moller comme Arendt ont finalement largement diffusé, et que nous devons corriger aujourd'hui.

LBSKMC-CRIAEAU IGSC E3R3 : Doit-on tenir ces philosophes français-là qui n’ont pas dénoncé l’occupation coloniale pour responsables (en partie) de celle-ci ? Certes, on ne peut absolument pas être affirmatif, mais on peut tout de même se poser des questions. Comment ceux qui, pour la plupart, rejettent (ou composent avec) l’occupant, voient-ils l’occupation chez l’Autre, c’est à-dire le colonisé ? La guerre offre-t-elle à ces philosophes l’occasion de mesurer le poids de l’occupation étrangère et de sonder à leur tour à quel degré l’occupation coloniale fut, elle aussi, pesante pour les colonies ? Comment expliquer cette contradiction consistant d’un côté à lutter contre l’occupant allemand sans dénoncer de par le fait même l’occupation des colonies ? Comment revendiquer à la fois le droit à la liberté en France et faire comme si ce droit ne revenait pas aussi aux autres ? Les philosophes ont-ils condamné l’effort de guerre fourni par les ressortissants des colonies ? Cet ensemble de questions nous permet d’interroger aujourd’hui la manière dont les philosophes français voient et entrent en rapport avec les « affaires » des ex-colonies et surtout quel est l’accueil et la place des réflexions philosophiques africaines sur l’échiquier philosophique français. La philosophie française commence à revoir son rapport à l’histoire de l’occupation allemande, les philosophes allemands depuis la fin de la guerre discutent du rapport des uns et des autres au nazisme, il reste à la philosophie française de revoir ses non-dits et ses silences sur ce phénomène qui lui paraît négligeable mais dont les séquelles économiques, psychiques et politiques affectent une grande partie de l’humanité, à savoir la colonisation. Faute d’une réflexion philosophique sérieuse sur le problème colonial et sur des problèmes similaires, la philosophie risque de ne devenir, pour ce cas précis, qu’une simple technique de la pensée agrémentée de cette dose de cynisme et de suffisance que Merleau-Ponty dénonçait chez Mauriac : « Le sang peut bien couler là-bas du moment que nos plaies se cicatrisent55.

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